Anorexie mentale chez l’adulte

0
25
Anorexie mentale

Bien que l’anorexie mentale concerne généralement les jeunes filles âgées de 16 à 20 ans, elle se révèle plus fréquente qu’on ne le croit chez l’adulte, même après 40 ans.

Diagnostic d’un TCA chez l’adulte

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS) : L’anorexie mentale à début tardif survient souvent en réaction à un événement familial (deuil, mariage, grossesse, ou naissance d’un enfant), avec souvent un épisode antérieur d’anorexie mentale subsyndromique. Les symptômes dépressifs peuvent être assez marqués.

Le rapport de la HAS sur la prise en charge de l’anorexie mentale indique les signes évocateurs d’une anorexie mentale chez l’adulte :

  • Perte de poids > 15 %
  • IMC < 18,5 kg/m2
  • Refus de prendre du poids malgré un IMC faible
  • Femme ayant une aménorrhée secondaire
  • Homme ayant une baisse marquée de la libido et de l’érection
  • Hyperactivité physique
  • Hyperinvestissement intellectuel
  • Infertilité

Souvent méconnus des médecins généralistes, les troubles des comportements alimentaires doivent néanmoins être évoqués en dehors d’une lésion organique, devant une dénutrition avec perte de poids massive et récente sur les trois à six derniers mois. Des troubles digestifs, un syndrome de l’intestin irritable, une constipation ou bien des troubles gynéco-endocriniens ou rhumatologiques avec une ostéopénie précoce, ou un tableau fibromyalgique peuvent compléter le diagnostic.

L’utilisation de questionnaires peut par ailleurs faciliter le dépistage en premier recours.

Le questionnaire SCOFF

L’utilisation du SCOFF-F en tant qu’outil de dépistage permet de dépister un TCA sous-jaccent. Pratique et simple d’utilisation, ce questionnaire composé de 5 questions [1,2] aidera le médecin généraliste à dépister les troubles alimentaires devant des tableaux peu spécifiques :

  1. Vous faites-vous vomir parce que vous vous sentez mal d’avoir trop mangé ?
  2. Vous inquiétez-vous d’avoir perdu le contrôle de ce que vous mangez ?
  3. Avez-vous récemment perdu plus de 6 kilos en trois mois ?
  4. Pensez-vous que vous êtes gros(se) alors que d’autres vous trouvent trop mince ?
  5. Diriez-vous que la nourriture domine votre vie ?

Une fois le TCA repéré, le médecin généraliste peut alors orienter son ou sa patient(e) vers une prise en charge spécifique et pluridisciplinaire :

  • Hospitalisation si nécessaire après évaluation de la gravité (dénutrition) ou un état dépressif sévère
  • Bilan somatique : mesure tension, dépistage d’arythmie cardiaque (ECG), scanner cérébral si besoin, ionogramme sanguin dont kaliémie, natrémie, phosphorémie etc.
  • Bilan neurologique et biologique : IRM, EEG, examen du LCR, albuminémie et transthyrétine, bilan vitaminique
  • Prise en charge nutritionnelle par un diététicien-nutritionniste avec correction des carences en micronutriments et si hospitalisation, renutrition progressive (nutrition entérale par sonde naso-gastrique lorsque le pronostic vital est engagé) associée à une complémentation en minéraux, phosphore et magnésium
  • Prise en charge psychologique qui mettra en avant des troubles du comportement avérés tels qu’un tri alimentaire, l’évitement de certains aliments, une peur extrême de grossir ainsi que des symptômes dépressifs sévères

Evolution à terme

Dans tous les cas, on s’aperçoit qu’après la renutrition, les états neurologiques et psychiatriques s’améliorent progressivement grâce au gain de poids mais que parfois, l’alimentation par voie orale reste toujours difficile, sans investissement positif de la part de la personne. Ce qui nécessite alors de poursuivre l’alliance thérapeutique avec un accompagnement psychologique et nutritionnel pour éviter une rechute ou une aggravation des troubles.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here